abbaye de senones
L’abbaye saint Pierre de Senones est une abbaye bénédictine fondée à Senones. De 770 avant la fondation réelle d'une abbaye bénédictine à mars 1793, la présence de bénédictins de différentes congrégations ou lieux d'origine a marqué ce lieu.Moutier et église avant l'essor bénédictin
L'installation bénédictine prend la place d'un moutier proche et surtout d'une minuscule église ou sanctuaire dédié par Gondelbert, père d'un ban mérovingien fondé à la Grande Fosse vers 660. Le ban est, plus qu'un découpage territorial stricte, une assemblée qui légifère et gère des intérêts communs, choisit les administrateurs politiques et religieux en tranchant les différends par un vote responsable à main nue.Un titre royal de fondation, recopié d'une charte originale de 661, confirme l'attribution par le roi d'Austrasie Chidéric II d'un périmètre de terres fiscales qui rejoignent les biens communs du ban. Ce ban est toutefois remaniés et découpé. Il n'en parvient qu'une partie septentrionale sous le contrôle de l'évêque de Metz.
Bénédictins administrateurs
Quelques moines bénédictins s'installent probablement entre 770 et 800 à l'emplacement d'un lieu religieux préexistant ou à proximité d'un sanctuaire. Ce sont surtout des administrateurs qui sont envoyés par Angelram, évêque de Metz et archichapelain de l'empereur Charlemagne. Angelram a reçu en 770 en commende le monastère de Senones et les terres du ban qui lui sont associés. Le monastère dont on a chassé les précédents moines est en piteux état. Le territoire est par contre peuplé et assujettis à l'impôt. Mais les biens collectés enrichissent d'abord le commenditaire, l'évêque. Néanmoins il semble qu'un monastère naisse accueillant des vieux bénédictins valeureux. L'institution pauvre reste modeste, connaît même des phases de déclin suite à l'introduction de moeurs coupables et à des actes de brigandage de jeunes moines en 894. Les moines pillards ou indignes sont chassés. Momentanément, l'administration du monastère est confié à des chanoines de Metz. Un abandon de la vie religieuse caractérisent les décennies de famines et de désordre qui suivent les pillages hongrois entre 912 et 924.Une nouvelle institution qui adopte la règle bénédictine renaît après 960. En effet, en 955 le moine de Gorze Adalbert est envoyé pour faire cesser les exactions des moines de Moyenmoutier. Après de nombreuses vicissitudes, son successeur l'abbé Allmann peut lancer une vie spirituelle et intellectuelle en s'appuyant sur de solides rentrées de dîmes, basée sur une administration et une gestion assagie et efficace. L'abbaye de Moyenmoutier devient un modèle que s'empresse d'imiter la petite abbaye de Senones.
L’abbaye s’enrichit et les moines sont obligés de demander une charge de voué pour protéger leurs biens et ceux de l'abbé. Les chevaliers, servant le châtelain de Langenstein ou Pierre-Perçée, s'acquittent de cette tâche de surveillance pour le compte de l'évêque de Metz. Après les Langenstein, la maison de Salm est choisie par l'évêque Etienne de Bar.
Un village se forme autour de l’abbaye, qui devient la petite ville de Senones. L’abbé Antoine de Pavie entreprend une campagne de rénovation architecturale de l'abbatiale au début du XIIe siècle. Il fait édifier la rotonde, chapelle circulaire incluse dans l’église abbatiale aujourd'hui disparue.
source : wiki
crédit photo : Gîte de la Roche du Page