maison seigneuriale
Le bâtiment nord la maison seigneuriale
Un incendie, en 1956, provoqua l'abandon du bâtiment.Depuis 1984, l'Association des amis de Moyen restaure l'édifice.
La diversité des styles est un élément de datation de cette façade. La porte et les baies avec linteau en arc brisé trilobé peuvent être attribuées au milieu du XVe s., les baies avec linteau en accolade seraient légèrement postérieures. Enfin, les baies sans linteau correspondent aux XVI'-XVII6 s.
Ce corps de logis (longueur : 26 m ; largeur : 7,25 m ; hauteur : 10 m) est celui qui attire le plus l'attention du visiteur par la qualité de la décoration de ses ouvertures en grès rouge. Il s'appuie sur le mur de courtine nord, épais de 2,25 m. Ses propres murs donnant sur la cour ont 1 m de large.
Côté est, il a conservé son mur d'origine, épais de 1,50 m.
Côté ouest, vers l'entrée, une partie du bâtiment a disparu, laissant voir les vestiges d'une ancienne cage d'escalier dont le diamètre approchait 2,20 m.
Le sous-sol a quatre caves
Trois d'entre elles communiquent avec la cour par des escaliers. Elles sont voutées en anse de panier. La plus étroite de ces pièces (3 x 6,25 m) sert en fait de passage puisqu'elle donne accès à un escalier en pierre qui communique avec le rez-de-chaussée.
Le rez-de-chaussée
Il est accessible depuis la cour par une belle porte en arc brisé mouluré, surmonté d'un gâble décoré de deux culots.Le linteau présente un arc trilobé muni d'un écu aux armoiries piquetées. On y voit encore une croix pommetée dans la partie supérieure du troisième quartier. La clef du gâble est surmontée d'une croix latine fichée sur un pied. Au-dessus de celle-ci, un second ensemble de décorations se détache avec plus de netteté. On distingue une croix potencée sculptée sur un ove enveloppé de trois plis, lui-même surmonté d'une croix pattée. Ces documents doivent être rapprochés de la clef de voute trouvée au château de Moyen (Choux 1956). On remarque sur le second quartier trois croix pommelées. C'est bien l'une de ces croix qui subsiste sur l'écu décrit ci-dessus.
Il ne fait aucun doute qu'il s'agit là des armoiries des Bayer de Boppard, dont J. Choux nous donne une description complète d'après le revers d'une pièce d'argent : "Une croix pattée cantonnée au premier et au quatrième d'argent au lion de sable armé, lampassé et couronné d'or ; au deuxième et au troisième, de gueules à un bras dextre de femme vêtu à l'antique, demi plié, d'argent, mouvant de sénestre, orné de deux bracelets d'or, la main au naturel ouvrant le pouce et l'index et y tenant un anneau d'or, accosté de trois croix pommelées et fichées d'or." (Choux 1956 :151).
Un couloir (1,40 x 6,10 m) donne accès à un escalier aux marches en chêne qui conduit au,premier étage. A gauche, en entrant, on trouve deux pièces (3 x 6,10 m et 3,85 x 6,10 m) prenant jour chacune par deux belles fenêtres doubles du même style que la porte. Cette disposition est le résultat d'un remaniement. Entre ces deux fenêtres, il y en a une troisième, mais murée. A l'origine, ces deux pièces n'en formaient qu'une, éclairée par trois baies .
A droite de l'escalier, on franchit une porte dont le linteau est décoré d'un élégant réseau d'arcs en accolade puis l'on pénètre dans une pièce (6,10 x 5,80 m) qui servait de cuisine. On y remarque, en effet, une cheminée large de 2,85 m et le haut de l'escalier qui mène au sous-sol. Cette pièce possédait à l'origine une seule fenêtre double de même style que les précédentes et une poterne large de 1 m qui débouche dans la fausse braie nord. Ultérieurement, on ajouta une petite fenêtre rectangulaire à présent obstruée. La dernière pièce du rez-de-chaussée (7,30 x 6,10 m) n'est coupée en deux que par une mince cloison rajoutée. Ses fenêtres n'ont aucun ornement.
(en 2006, la disposition des façades a bien changé, les fenetres ont retrouvées leur ouverture suite à une restauration effectuée au milieu des années 80)
Le premier étage
Au premier étage, les planchers se sont effondrés. Il présente la même disposition que le rez-de-chaussée. Nous y observons trois belles cheminées de facture classique du XVIIe s. et, sur le linteau d'une porte, les armoiries de la Maison de lorraine-Anjou, entourées d'un rameau d'olivier. Les fenêtres éclairant cet étage présentent un aspect fort hétéroclite. La plus ancienne est une fenêtre avec double arc en accolade à présent obturée . Ajoutons trois fenêtres à meneau et croisillon, deux fenêtres à traverse et une ouverture sans caractère .(en 2006, même remarque que précédemment concernant la restauration effectuée au milieu des années 80, les planchers sont maintenant restitués et c'est en toute quiétude que l'on peut visiter ce corps de logi)
Le second étage
Au second étage, le style des fenêtres est très divers. Nous remarquons une fenêtre avec meneaux et croisillons surmontés de deux arcs trilobés, une fenêtre à traverse surmontée d'un arc trilobé, une fenêtre à traverse et deux fenêtres à meneaux.Les détails
D'après une étude de Gérard GIULIATO publiée en 1992 châteaux et maisons fortes en lorraine centrale Édition de la maison des sciences de l'homme (ce commentaire remanié constitue un très court extrait de l'ouvrage)
cette extrait est ponctué d'annotations permettant au lecteur de pondérer l'état des lieux realisé par GIULIATO dans les années 90