pierrefonds ou la magie du 19e siècle médiéval
Château de Pierrefonds
Votre imagination s'envole-t-elle devant un château de conte de fées, si parfait qu'il en devient irréel ? Ou bien préférez-vous rêver face à des ruines romantiques enveloppées de brumes et d'authenticité, abandonnées en l'état où l'histoire les a laissées ? C'est un peu la question posée par l'exubérant château de Pierrefonds, depuis que, il y a cent cinquante ans exactement, l'architecte Viollet-le-duc (1814-1879) a entrepris une restauration qui devait en faire l'un des monuments les plus spectaculaires de France, ombre tutélaire imposante au-dessus d'un bourg de la forêt de Compiègne, dans l'Oise.Mâchicoulis, courtines, donjon, pont-levis... Rien ne manque à Pierrefonds pour prendre une leçon d'architecture féodale, civile et militaire. La puissance évocatrice du château vient d'abord de sa masse énorme, qui semble faire des maisons en contrebas des demeures de Lilliputiens. Puis la magie de Pierrefonds se fait sentir dans ses chemins de ronde, qui ceinturent l'édifice, ses immenses salles fraîches et silencieuses, son dédale de galeries, de voûtes et d'escaliers tournants, ses décors de personnages et d'animaux fantastiques.
Pourtant, le parti pris de l'architecte a déchaîné d'innombrables polémiques. Le colloque organisé à l'intérieur même du château les 7 et 8 juin, à l'occasion de l'anniversaire du lancement des travaux par Napoléon III, en 1857, devrait rappeler ces discussions enflammées. A l'émerveillement de la cour de l'empereur face à la splendeur de la reconstruction a succédé l'agacement, voire la consternation, devant ce château rêvé plus que reconstitué, ces erreurs manifestes, cette profusion de décors flamboyants, trop éloignée de la réalité médiévale.
Aujourd'hui, Pierrefonds est plutôt considéré comme une interprétation époustouflante du Moyen Age par un artiste du XIXe siècle. Certes, Viollet-le-duc imagine, invente, mais il maîtrise son sujet. Pendant le chantier, il dessine une poterne, avant que celle-ci ne soit dégagée de l'entassement de gravats. Lorsque l'originale est mise au jour, elle est identique, à un détail près, à ce que Viollet avait prévu...
(...)
Un article de Jean-Louis Andreani pour le monde.
crédit photo : vudesnuages.free.fr
La rubrique 'Tribune libre' du menovicien est ouverte aux utilisateurs enregistrés et ceux-ci restent responsables du contenu qu'ils y publie.
Vous pouvez réagir à cet article à l'aide du formulaire de participation en bas de cette page.